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INTERVIEW : FABIENNE CRESENS

mai 25, 2009

J’ai découvert le travail de Fabienne Cresens en feuilletant le magazine Elegy. Les photographies qui illustraient un article sur le groupe 32 Crash étaient intrigantes et révélaient un vrai regard artistique. Quelques temps après, je tombe de nouveau et par hasard (j’aime ces hasards) sur cette session photo en surfant sur le net. Au fil des liens se dévoile la richesse de l’univers de Fabienne. Une interview s’imposait donc pour vous faire apprécier les différentes facettes de son travail.

Fabienne Cresens

Ton site ne donne pas beaucoup d’informations sur ton parcours, peux-tu nous en dire plus ?

Je suis Belge, née en Afrique et j’habite Bruxelles.
Concernant mon niveau de formation pour la photographie, je suis une autodidacte (très passionnée).

A 17 ans, mon père m’a offert mon premier appareil photo argentique avec quelques explications en prime. Photographe amateur, il faisait de magnifiques portraits.
J’ai encore toutes ses photos faites de mes frères et moi au Congo.
Ce cadeau fut donc le point de départ d’une relation particulière … photographier, étudier, lire, chercher, comprendre et ce pendant de nombreuses années.

Puis la vie familiale m’a prise dans son tourbillon durant plus d’une décennie.
Depuis trois ans et demi, j’ai ouvert complètement les portes de ma vie à cette passion.
Le fait de travailler en numérique a ajouté quelques cordes à mon arc… (je viens de passer du Nikon D70 au Nikon D200)

L’architecture est un thème que l’on retrouve souvent sur tes photographies…

L’architecture urbaine est pour moi une source intarissable de richesses graphiques et de jeux de lignes en plus d’être porteuse d’un symbolisme évident.
Si je peux allier mon thème favori, celui des reflets avec l’architecture, c’est un plaisir qui se décuple.

L’enfance est-elle un paradis perdu pour toi ? Tu poses un regard si tendre sur cette période…

Ayant été maman tardivement, mes souvenirs d’enfance baignent de plus en plus dans une brume épaisse. La photo est entre autre une jonction entre mon univers d’enfant qui s’efface au fil des années et celui que je revis dans le temps présent avec mes filles.

Réaliser des photographies sur ce thème est en quelque sorte le moyen de raviver d’anciens moments vécus, de créer des instants désirés à l’époque mais jamais réalisés et d’éterniser ceux que je vis avec mes enfants. J’aime faire des photos de cette période de l’être car elle est porteuse et féconde en questionnements sur les relations humaine, la société, l’avenir…


Comment est née la série « Voies » qui est plus nostalgique que tes autres productions et m‘a particulièrement marqué ?


La série "Voies" est pour moi assez singulière car elle est le fruit de la communion créatrice de trois photographes vivant en Belgique.
Nous avions envie de réaliser une session photographique dans un lieu sensible et porteur d’émotions. Nous avons valsé du rôle de photographe à celui de modèle avec facilité et grand bonheur.


Il y a un côté énigmatique dans beaucoup de tes photos, tu aimes le mystère ?


C’est parait-il un trait de caractère important chez moi.
Je préfère en photo utiliser la suggestion à l’expression directe.
Elle nous dirige plus dans la direction de la réflexion et du questionnement.


D’où vient cette attirance pour les reflets ?


La ville de par ses multiples évolutions est devenue pour moi assez invivable.

Les reflets me permettent de créer un autre monde, un univers parallèle dont j’ai besoin pour continuer à y vivre . Ma recherche photographique a toujours été d’essayer de rendre visible, de donner une consistance, une lumière, une matière à l’inapparent, l’inaperçu, le transparent. De donner une autre vision du réel… parfois jusqu’à l’irréel.

Je dirais que les reflets sont ma poésie urbaine.
Comme une respiration…


Tu as fait beaucoup de photos pour les musiciens, notamment Front 242, 32 Crash et Punish Yourself pour ne citer que les plus connus. Ce sont eux ou toi qui les a approchés ?


Il n’y a pas de règle générale. On m’en fait la demande ou je choisis.
Mon choix est axé sur le coté photogénique, visuel du groupe, leurs présences sur scène ou alors par leurs créations musicales qui me plaisent. Il est un fait que j’apprécie d’avoir un lien avec un membre du groupe que je vais photographier, ce qui me donnera une certaine aisance pour me déplacer en photographiant. J’aime beaucoup bouger pour avoir des angles de prises de vues totalement différents. Cela me permet aussi de prendre chaque membre du groupe. Les batteurs (souvent oubliés) ne me contrediront pas !

J’ai par exemple été ravie de pouvoir photographier à Mons le groupe Punish Yourself lors de leur séance de maquillage (corps et visages sont entièrement recouverts). Ce fut un moment intense.

Comment procèdes tu avec les musiciens pour arriver à des photographies d‘une telle qualité ?

Je ne suis pas pour le moment (la vie a parfois des virages étonnants) une "metteure en scène" en photographie mais plutôt une capteuse de magie.

Si le groupe a une puissante envie de jouer sur scène et de faire passer sa passion au public, je serai là pour saisir ces moments de douce folie et d’émotions.
S’il y a de la générosité et du partage, mes photos en seront imprégnées.

Tu sembles avoir des rapports privilégiés avec Jean Luc De Meyer (Front 242, 32 Crash…)…

Cela fait huit ans que je connais Jean-Luc De Meyer.
Notre collaboration artistique ne date que d’une année et demie, depuis que je suis devenue la photographe officielle de son groupe 32 Crash (prononcez 3… 2… Crash).
Leur univers de science-fiction sombre et mes photos ont trouvé une terre d’harmonie. Notre vision du futur assez noire va dans le même sens….

Heureuse aussi du choix de son éditeur pour une de mes photos (faite pour 32 Crash) pour illustrer son premier livre.

La musique en elle-même tient-elle une place importante dans ton processus créatif ?

Bien sûr qu’elle est stimulante lorsqu’elle me plaît. Cela éveille ma sensibilité et libère certaines énergies.

Il m’est arrivé une fois de quitter la salle car je ne supportais pas les sons et les quelques photos faites furent évidemment ratées à mon goût.
Lorsque je travaille sur l’ordinateur, je mets plus volontiers de la musique d’ambiance ou étrange…


Tu dis sur ton site qu’ "Unir l’écriture et une de mes photographies était un rêve" que tu as réalisés avec le livre "Tous Contraints" de Jean-Luc De Meyer. As-tu reçu d’autres propositions mêlant littérature et photographie depuis ce livre ?


Une romancière belge m’en a fait la demande.
J’attends avec impatience les prochaines propositions (grand sourire !)


Quels sont tes projets photographiques ?

En octobre 2008, j’expose mes reflets dans un lieu multidisciplinaire à Bruxelles, et ce avec deux autres artistes bruxellois.
Ce sera ma première grande exposition collective. J’ai toujours exposé seule, donc avec une prise de risque plus accentuée…

Pour les projets à long terme, je préfère vous mettre dans le suspense…
Il suffira d’aller voir régulièrement sur mon site pour être mis au courant : www. picturelle. be


Le mot de la fin ?

Pour la photographie, il n’y a pas de fin…

Site de Fabienne Cresens :
http://www.picturelle.be
Myspace :
http://www.myspace.com/picturelle

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