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INTERVIEW : TALING

juin 12, 2009

Le peintre qui monte Taling nous fait l’honneur de revenir sur son parcours, sa technique et son propos artistique pour la dernière interview avant septembre 2009. Plongez vous dans son monde ludique, coloré et vivant, vous verrez, ça fait un bien fou en cette période maussade.

Taling, peux tu nous parler de ton parcours ?

Classique,  j’ai pris des cours très jeune chez un couple de plasticiens, Francesco Marino Di Teana et Huguette Sejournet. Puis je suis rentré à l’âge de 15 ans à l’Ecole Boulle en arts appliqués, pour terminer à Valenciennes dans une petite Fac où il y avait moult talent. C’était superbe. Par la suite c’est la vie pro en web, télé, réalisation, publicité, bref diverses expériences de différentes durées pour enfin me consacrer exclusivement à la peinture.

Comment et depuis quand t’es tu mis à la peinture ?

Zut j’ai déjà répondu un peu ci dessus, mais mes premières armes dans la peinture je les dois à ce couple d’artistes : Francesco Marino Di Teana et Huguette Sejournet qui me l’enseignent, puis j’arrête de peindre pendant de nombreuses années ne trouvant pas ma voie et encore moins ma voix.

Un jour, je rencontre de façon fortuite René Passeron, il me dit qu’il avait également arrêté plusieurs années et qu’il sentait que j’allais m’y me remettre… j’étais dubitatif.
A l’époque je montais une boite de multimédia et c’est dans le cadre de ce travail que j’ai rencontré Francky boy. C’est en voyant son travail que j’ai eu une sorte de déclic.

J’ai commencé par refaire des toiles numériques pour retrouver une certaine confiance. A l’époque le concept était plus centré sur les aventures d’un héros récurrent Jim Holliness. Il s’agissait de la caricature de mon ami de fac, Skwak. Alors que je retrouvais confiance, j’ai rencontré Noart et Speedy Graphito, qui m’ont soutenu et encouragé dans cette envie picturale.

Que veut dire Taling ?

Quand j’ai choisi ce pseudo je pensais que cela ne correspondait à rien, juste à la combinaison des noms de famille de mes parents, mais il semble bien que cela soit une plage ou une région en Thaïlande. Sur lebonprix.com l’hotel Baan Taling à une note moyenne de 16/20.

Comment réalises tu une toile ?

J’aime bien marcher par thèmes. Pour chaque exposition j’ai un leitmotiv, un fil rouge. Après je glane des images faisant référence au thème. Je dois dire qu’internet est une source inépuisable et pleine de surprises, je crois que je n’aurais pas pu bosser si le net n’existait pas.
Enfin je fais une maquette sur l’ordinateur, une sorte de montage. J’essaie que chaque toile ait sa petite histoire à raconter, aussi bien pour moi que pour ceux qui les regardent. Il est amusant de voir que nous avons tous des interprétations très différentes de mes travaux.
C’est seulement quand je peins la maquette sur la toile que je place les couleurs, je cherche à avoir une bonne circulation des teintes, et j’apporte aussi des modifications, mais la trame est conçue sur l’informatique au préalable.

Aimes tu vraiment les mangas et les comics en général, ou bien sont-ils simplement des références à notre quotidien ?

Je me pose pas la question dans ce sens. Il est évident qu’à la vue de mon âge je fais partie de la génération Goldorak. Je crois sincèrement que nous sommes marqués par notre petite enfance. Que les informations reçues pendant cette période déterminent les images que nous recrachons plus tard.
Petit je regardais tous les Manga de Récré A2 et du Club Dorothée, qui comportaient énormément de dynamisme, d’expression, c’était toute une culture que l’on découvrait. Le Manga est d’abord arrivé par le biais de l’animation en France, les livres nous sont parvenus des années plus tard . A cette période je lisais les classiques de la BD Franco Belge, mais le truc qui me faisait incroyablement frémir c’était la pile de Strange et de Marvel qu’avait mon grand cousin (et aussi sa console Atari).
Maintenant il est évident que c’est d’avantage notre quotidien, mais à l’époque c’était le souffle du nouveau, nous étions les réceptacles de la culture Est – Ouest.

«Violemment douces», Est-ce un terme qui te convient pour qualifier tes œuvres ?

Taling2C’est compliqué de répondre à cette question. Je trouve pas mon travail violent. Ce n’est pas facile de juger de ce qui est choquant, violent ou pas. Pour moi se sont des jugements de valeurs dues à un contexte sociologique, éducatif, intellectuel, spirituel…
Il est vrai que l’on peut trouver les couleurs que j’emploi douces, comme quoi il faut toujours se méfier des apparences. Allez je serais plus pour « douces amères ».

L’érotisme et le lesbianisme sont des thèmes que l’on retrouve souvent dans tes toiles, y a-t-il une raison ?

Sur l’ensemble de mon travail, on retrouve une sexualité fort présente. J’ai une formation publicitaire, lorsque j’étudiais les affiches et les spots TV tout était érotisant voir même pornographique. Il faut pas se mentir, on nous balance des images sensuelles en permanence, j’ai en souvenir cette pub pour les produits laitiers, ça n’était même plus équivoque. Si l’on regarde bien l’histoire, le nu, la volupté ont été représenté depuis la nuit des temps. La sexualité est un pilier de notre société…
Il y a comme une pudeur ambiante qui pourrit le fruit, mais si on fait bien attention même dans les contes pour enfants il ya des connotations. Le petit chaperon rouge voit le « loup ». Blanche neige (rien que son nom….) va vivre avec de petits nains, mineurs (objets contendants) et aux chapeaux érectiles.

Pour ce qui est du lesbianisme c’est juste sur cette série de manger/bouger, c’est surtout anecdotique. En même temps je connais peu d’homme qui ne soit pas ému par le lesbianisme.

En mettant la gourmandise et le plaisir sexuel au même plan dans la série «Junk food», veux tu dire que tout objet de désir, que ça soit de la nourriture ou un être humain est objet de consommation ?

expo_talingLe plaisir sexuel c’est déjà une gourmandise, et qu’est ce qui n’est pas consommable ? Consommable désigne un élément à utilisation limitée, toute chose est à utilisation limitée, la seule différence entre tout cela se situe dans l’échelle du temps. Je crois que c’est justement parce qu’ils sont limités que l’on veut les consommer à profusion.
Il n’y a bien que les embêtements qui durent, c’est inconsommable et pourtant on en bouffe.

Au Japon, apparemment, la représentation du sexe ou de l’obscénité n’est pas considérée comme choquante*.
Quelles sont les réactions des français face à certaines de tes toiles ?


Non, au Japon les images de sexes sont censurées, il y a un faux semblant de ce point de vue, car ils sont extrêmement coquin et vicieux. C’est fascinant, d’ailleurs je conseille vivement un magnifique ouvrage sur le sujet L’imaginaire érotique au Japon un de mes livres de chevet. Mes amis Japonais font les choqués, mais ne le sont pas. Pour ce qui est de la France ça serait plutôt l’inverse et c’est très aléatoire, je suis parfois catalogué hard, bon !
Comme je le disais la réaction des gens dépend essentiellement de leur éducation, de leur idéaux, leur milieu social, leur religion ou pas…. Les choses sont très variable. Mais j’insiste pour dire tout de même que nos parents (sans faire non plus de généralité) qui ont fait la « révolution sexuelle » sont de plus en plus prudes et choquables.
 » La morale se durcie quand le reste ne le peut plus » ?

«Happy suicide» est une série très particulière de par son sujet… peux tu nous en parler ?

Oui, j’ai souhaité traiter de l’adolescence. Je suis parti du Film Virgin Suicide. C’est tout de même une période très complexe où l’on se perd, se cherche, où l’on se transforme physiquement, intellectuellement, psychiquement, c’est vraiment un moment compliqué.
C’est une série qui dérange beaucoup les gens, beaucoup de personnes la trouve vraiment très violente. J’y ai peint le suicide, l’anorexie, la scarification et autres expressions de cette période à traumatismes.

Un français qui s’inspire de l’art manga pour en faire des toiles ce n’est pas banal. As-tu des retours de Japonais ? Aimerais tu exposer au Japon ?

galerie-art-partner-taling Je trouve qu’il n’y a rien de grandement original, je ne parle que de ce que j’aime et qui me touche, de nombreux auteurs de bandes dessinées françaises s’inspirent du manga. Il y a quelque chose de fascinant dans la culture Japonaise, des faits qui nous échappent. C’est une culture pleine de contradictions, j’adore ce pays, ces gens, cette civilisation et cet enthousiasme apparent.

Lors de mes séjours là-bas, j’ai pu apprécier le niveau de l’art contemporain, il y a une véritable culture sur le contemporain mondial. Ici en France malheureusement au niveau du grand public nous sommes encore bloqué sur l’art moderne.
Maintenant le « style manga » est forcement très utilisé là bas, je ne sais pas du tout quel accueil je pourrais avoir. Mes amis Japonais apprécient, mais se sont mes amis et de surcroit ils sont Japonais donc très polis.

Tu commences à être reconnu comme le précurseur de cet art mêlant manga et peinture, comment vis tu ce statut ?

Non je ne pense pas. Il y a quand même pas mal d’artistes occidentaux qui ont utilisé le type Manga, mais peut être de manière moins dogmatique. Non vraiment, je ne crois pas que je puisse revendiquer ce statut, et puis il y a tout ces maîtres de kaikai kiki, toute la bande de Murakami, le style kawaïi. La grannnnde classe !!!!!

Les artistes Takashi Murakami et Yoshitomo Nara font-ils partis de tes influences ? Quelles sont tes influences principales ?

Totalement, je voue une admiration sans bornes pour ces artistes. Sinon mes autres influences sont nombreuses et variées, ça va de la peinture en passant par la pub, la bd, la photo, le cinéma, le web, etc, etc…

Quels sont tes projets ?

ça dépend ? Artistiques, sexuels, culinaires ? Ai-je les moyens et le courage de réaliser mes projets ? j’essaye de ne pas trop en avoir, ça évite les déceptions.

Le mot de la fin ?

万歳

*Source Wikipedia

Liens :
http://bytaling.com
http://www.artpartnergalerie.com/taling_.htm

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