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INTERVIEW : SABBIO B

octobre 24, 2009

Ca y est, l’interview de Sabbio B est enfin en ligne. Cette peintre et illustratrice française nous propose un monde coloré empli de songes apaisés et de femmes subtiles. Ses visions artistiques sont une ouverture vers des horizons lointains raffinés …

Un peu de finesse dans un monde de brute en somme …

Peux tu revenir sur ton parcours ?

Je porte le dessin, la peinture et toutes ces couleurs en moi depuis petite mais, pour diverses raisons, je n’ai pu m’y consacrer comme je l’aurais souhaité. J’y suis revenue en autodidacte régulièrement au cours de ma vie avant de réaliser il y a quelques années la place cruciale que la peinture occupait pour moi.

Tu t’es lancée dans la peinture après avoir découvert “d’autres horizons”, j’imagine qu’il s’agit de pays lointains, tes tableaux s’inspirent de l’Afrique et de l’Inde notamment ?

Les autres horizons auxquels je fais référence ne sont malheureusement pas d’autres pays mais d’autres chemins que celui de l’art. Ces voies je les ai empruntées pendant de nombreuses années jusqu’à ce que je prenne conscience que ce n’était pas mon désir profond.
Par contre pour revenir aux pays étrangers l’Afrique et l’Inde m’interpellent beaucoup en effet, elles s’insinuent bien sûr dans mes toiles par les femmes, toutes si belles et précieuses dans leurs singularités, mais aussi par les motifs, les couleurs.

Tu es illustratrice à plein temps ?

Je ne suis malheureusement pas encore peintre-illustratrice à plein temps, je suis actuellement en congé parental !
Mais quand mon deuxième petit entrera à l’école cela me laissera beaucoup plus de temps pour m’y consacrer.

Sur ton myspace tu dis que “Je peins mes rêveries, mes souvenirs, mes idées, de douces sensations…”, comment naissent tes travaux ?

C’est un processus subtil et inconscient sans aucun doute !
Souvent il s’agit d’une impulsion qui m’amène à mon carnet dans lequel j’ébauche assez sommairement mon idée qui parfois semble naître d’elle-même. Puis je l’observe, la reprends, la développe jusqu’à avoir l’impression d’être arrivée à ce que je devais exprimer. D’autres fois le processus est plus conscient, pour les planches d’albums notamment.
Quelle que soit la manière dont naissent mes peintures, la femme, la nature, mes convictions et mes souvenirs me guident toujours.

As tu des moments préférés pour créer ?

Je préfère le silence de l’aube voire même la fin de la nuit : je peux rentrer pendant plusieurs heures dans mon univers sans me soucier du sommeil, du bruit, du quotidien ou de mes enfants… c’est vraiment le cannelier de Sabbio qui s’épanouit à ce moment-là !
J’ai privilégié ce rythme de création pour réaliser ma collection de cartes cet été.

Quand considères tu qu’une de tes toile est terminée ?
Tu finis en une fois ou bien c’est variable ?

Le plus souvent j’ai un croquis précis comme point de départ donc j’ai achevé mon travail quand tout ce qui figure sur mon carnet et dans ma tête (couleurs, motifs) se retrouve sur la toile. Mais il m’est déjà arrivé de sentir un déséquilibre, une incomplétude pour laquelle il m’a fallu un peu de distance, l’espace de quelques heures voire une journée.
Et puis j’ai déjà aussi improvisé sur mon support et dans ces cas-là, rarissimes, je vois apparaître mon sujet et je sens quand tout est enfin en place.

Tu sembles vouloir nous apaiser tant ton univers comporte de couleurs reposantes ?

Ah bon ? (rires) Je ne sais pas si je tente de vous apaiser mais il est vrai que que l’on qualifie souvent mon travail de doux, je suis donc heureuse de faire passer cela, la douceur et l’apaisement sont bien trop précieux… peut-être ai-je en tout premier lieu besoin et envie de douceur pour moi-même et mes demoiselles ?

Il y a peu d’hommes dans ton univers graphiques ?

En effet ! La femme m’inspire, ses symboliques, sa force, ses diverses facettes, ses courbes mais aussi, de manière plus simple, les motifs et les coiffures dont on peut la parer.

Beaucoup de tes personnages ont les yeux fermés, comme si ils étaient comme en méditation … peux tu nous en dire plus ?

Je perçois ces yeux clos comme un signe d’intériorité (pour la méditation, le recueillement, la réflexion) mais cela peut également traduire la réserve, une certaine timidité… cela dépend de l’idée même de ma toile. Par exemple en ce qui concerne « Raisons propres » il s’agit clairement d’un recueillement (cette peinture ayant été réalisée pour un concours relatif à la PETA) mais pour d’autres je pense que mes demoiselles avaient besoin de temps pour oser s’affirmer, s’exprimer… un peu comme moi !

Tes travaux sont utilisés pour des bijoux, était ce une volonté de ta part ou bien on tu as été contacté pour les réaliser ?

Il s’agit d’une envie de prolonger un peu mes toiles sur un objet féminin par excellence, pour que mes femmes se retrouvent chez d’autres femmes.Et puis j’ai toujours été attirée par les objets du XIXe, le style « romantico-victorien »… adolescente je m’étais fabriquée des colliers dans cet esprit mais à l’époque c’était très difficile de trouver ce que je souhaitais.

Alors quand j’ai vu que le matériel pour créer des bijoux inspirés par cette époque existait ailleurs que dans mon esprit, sur Etsy et chez d’autres artistes notamment, j’ai eu l’impression d’un rêve éveillé! J’ai un peu hésité en voyant le nombre d’artistes et blogueuses proposant des bijoux mais étant donné que c’était un désir profond et ancien je me suis lancée !
Cependant,outre les bijoux que je conçois j’explore d’autres supports tels les miroirs, boîtes et carnets entre autres.

Où en est ton projet de livre a propos de l’Afrique ? Peux tu nous parler de ce projet ?

Mon projet Le Grand Secret d’Abeba, avec Agnès Laroche, est actuellement à la recherche d’un éditeur. Ce projet nous tient vraiment à coeur, à Agnès et moi, car les valeurs qu’il fait passer sont à nos yeux essentielles : l’acceptation de soi-même et de ses racines ainsi que l’amour de l’autre.

Peux tu également nous parler du livre en rapport avec “Lilie” ?

Cette histoire, imaginée et mise en mots par Aurélie Denis, est très belle, très douce et émouvante… je lui laisse le temps de mûrir dans un coin de mon carnet pour pouvoir m’y reconsacrer.

Le mot de la fin ?

Un grand merci à toi Ian pour cette interview et longue vie à ton art complet et hypnotisant!

Son blog : http://duhautdemoncannelier.blogspot.com

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